Faits divers : Une dealeuse de sucre
Phénomène de société dans le monde entier, Facebook, est devenu en quelques mois le réseau social le plus cliqué du net. Fort de ses diverses applications, il fait de plus en plus d’adeptes et d’addicts. Si certains s’en servent à des fins professionnelles, d’autres eux, ont trouvés là le bon filon pour faire des rencontres amicales et sentimentales sans débourser un seul centime. Meetic & co supplantés ? Peut-être pas encore… Mais facebook agit pour certains comme une drogue (et ce n’est pas peu dire) Reliés en permanence au réseau, ces drogués de facebook comptabilisent souvent entre 300 et 1100 amis, et n’ont rien à voir avec les Geek que l’on connaissait auparavant.
Laurence T est finalement invitée par le groupe « oui à la fête, non à pas de fête » (aujourd’hui fermé) à une soirée dans un lieu parisien à la mode, le Chacha. C’est en dansant de façon plus qu’étrange, qu’un jeune homme de 25 ans, Steven Malot lui demande ce qu’elle a pris pour être aussi « en forme et au top ». Mais ce soir là, elle n’a pris qu’un coca sans glace et sans citron, dira le barman. « Une fille sans histoires, enfin, en apparence. J’avoue avoir été intrigué par le fait qu’elle ne voulait ni glaçons , ni citron, mais on en voit des gens bizarres vous savez. Elle a également insister pour ne pas avoir de paille, mais je ne me suis douté de rien » dira le barman lors de son interrogatoire. Pourtant Steven Malot insiste : « Elle avait forcément absorbé quelque chose pour sauter pendant trois heures dans tous les sens, alors que la musique n’était pas franchement bonne ». C’est alors qu’une deuxième personne pose la même question à Laurence T, que l’idée germe dans son esprit.
C’est en rentrant chez elle avec une amie, que tout bascule. L’amie en question propose à Laurence T un Tic tac à l’anis. L’amie en question s’explique ensuite : « je ne pensais pas que ça lui ferait autant plaisir, ce n’était qu’un tic tac, mais elle s’est mise à rire comme une hystérique, à m’embrasser et me dire que j’étais géniale. Elle m’a remercié comme si je lui avais offert 1 million de dollars, puis elle est partie en courant et en sautant dans la rue. Moi aussi j’ai cru qu’elle avait pris quelque chose. Mais non. »
En arrivant chez elle, Laurence T se précipite sur facebook . Elle envoie des messages à plusieurs connaissances : « Est ce que tu sais où je peux me procurer du Tac tac ? On en trouve plus, c’est la dèche. Je suis trop en manque » écrit-elle. La machine est lancée. Certains lui répondent qu’ils ne comprennent pas de quoi elle parle, d’autres, surement plus vexés de ne pas connaitre lui répondent qu’effectivement, il y a pénurie de Tac tac sur Paris, mais qu’ils essayent d’en avoir de toute urgence en provenance d’Ukraine. La rumeur Tac tac fait son entrée sur le réseau.
Semaine d’après, Laurence T se rend toujours au Chacha. Elle danse comme jamais, et prend un air beat dés que quelqu’un lui parle ; les choses ne trainent pas et on lui demande ce qu’elle a pris. Elle répond du tac au tac : du Tac tac. Il est désormais trop tard pour faire machine arrière. Un « premier client » lui en demande, puis deux clients, puis trois… et bientôt ils viennent par dizaine.
Laurence T a pris soin de commander des centaines de boites de tic tac aux Etats-Unis, au gout de cinamon, (de la cannelle, un parfum encore inexistant en France) et de les passer sous l’eau pour leur donner une couleur moins uniforme et plus pâlotte. En deux semaines, des groupes se créent sur le réseau facebook pour parler implicitement du Tac tac (avec un nom pareil, difficile de croire qu’on parle d’une drogue), la nouvelle drogue qui fait sensation.
Au chacha, Laurence T peut observer que les gens sous l’emprise du Tac Tac se comportent de manière étrange ; l’effet psychologique est flagrant.
Un des clients du Chacha qui préfère garder l’anonymat témoigne « moi j’ai avalé deux tac tac d’un coup avec ma vodka. J’étais déchiré. Enfin, je croyais l’être. Du coup, j’ai terminé à moitié nu sur la piste de danse en imitant un poussin. J’ai ensuite appeler mon boss pour lui faire un blague en prenant l’accent belge. Mais comme j’étais défoncé j’ai oublié de me mettre en numéro masqué. J’ai été viré le soir même par sms. Du coup, j’ai repris un Tac tac, et là ben, là, j’ai terminé aux toilettes avec le DJ qui m’a fait une imitation de Boy George si vous voyez ce que je veux dire. Pour me retrouver au final dans une bassine d’eau avec des canards. »
A 100 euros le Tac tac, Laurence T a amassé une petite fortune. Elle recrute par le biais de facebook des revendeurs, notamment par le biais du groupe « Pourquoi les gens très moches sont également très mal habillés ? ». Elle commence par leur envoyer des « poke », puis leur propose de revendre la drogue moyennant un Tac tac gratuit tous les 10 Tac tac vendus .
L’affaire tournait plus que bien, le reseau Tac tac s’étendait à toute la France, et la vente faisait un carton dans le triangle d’or (Roubaix/Tourcoing/Metz) jusqu’au jour où la politique s’en est mêlé implicitement. Julien, le fils d’une célèbre femme politique de gauche, qui pour ne pas la nommer, porte le nom d’un Kir, a lui aussi entendu parler du Tac tac sur facebook. C’est en devenant « friend » avec Laurence T qu’il a signé la fin de son forfait M6 mobile, mais également, la fin de cette entourloupe. En effet, le jeune homme ne savait pas que sa mère détenait son mot de passe et surveillait ses fréquentations de près. En entendant parler du Tac tac, la femme de gauche a eu la puce à l’oreille. Il n’a pas fallu plus de 14 coups de fil pour prévenir la brigade des stups de cette éventuelle « nouvelle dope » sur le marché. Et pas plus de 40 pseudos crées par la police pour se mettre en contact avec Laurence T.
C’est en sortant de la poste pour aller réceptionner son colis de Tic tac que Laurence T a été arrêté.
Mise en examen pour fraude et abus de confiance, Hervé Langier, commissaire principale de Roubaix, réclame son inculpation pour vente de drogue également. Malheureusement, personne n’a pu prouver que le Tic tac à fortes doses créait une dépendance ou une modification du comportement. « Elle a vendu ça en tant que drogue, elle doit comparaitre comme vendeuse de substances illicites et dangereuses » s’insurge t-il.
Laurence T risque entre 7 ans et 10 ans de prison ferme mais aussi la fermeture immédiate de son compte facebook. Sur le réseau, on n’y croit pas. Les réactions ne se sont pas fait attendre : « incroyable ! Laurence avait l’air fiable pourtant ; je n’arrive pas à croire que j’ai payé 100 euros pour un tic tac » disent certains, d’autres se ravisent : « je savais bien que c’était de la merde ! Mais comme tout le monde avait l’air de kiffer le tac tac, je disais que moi aussi, mais ça ne m’a jamais vraiment rien fait ; sauf une fois, où j’avais bien picolé avant, j’ai senti des trucs bizarres.» explique Sandrine F de Paris.
Arnaque du siècle ou plaisanterie douteuse, facebook a en tout cas reçu pour consigne de gérer désormais les groupes formés et parle même de devenir payant pour mieux filtrer.
Si vous aussi vous avez été contacté par Laurence T, vous pouvez joindre le numéro suivant : 08 700 410 420 pour donner tous renseignements susceptibles d’aider la police. Si vous avez subi un préjudice moral et que vous vous sentez trahi, dupé ou même abusé, vous pouvez appeler au 08 710 420 400. Une équipe de psychologues est à votre écoute.
Une soirée qui fait mal !

Erick de Boer un citoyen néerlandais sans histoires
Un touriste néerlandais a vécu une histoire tragique à Roissy Charles de Gaulle au moment de son embarquement.
Dimanche 13 Juillet 2008, Erick de Boer se rend à Charles de Gaulle pour son vol retour vers Amsterdam. Il revenait chez lui après une courte visite à Paris pour assister à l’une des soirées les plus courues de la nuit européenne : Baccara Starlight by David & Cathy Guetta.
Tout avait pourtant bien commencé pour Erick qui avait réussi à dégoter une invitation à la soirée de l’année, via son ami d’enfance, Fedde Le Grand, DJ de grande renommée et ami intime du couple Guetta. Erick prend alors un Aller Retour pour Paris sur un vol Low Cost de Transavia, et réserve une chambre à l’Ibis Gare Du Nord.

Abdallah Hajjari éprouve des regrets suite à l'affaire Erick de Boer
Le réceptionniste de l’hôtel se souvient d’un client très discret et sans histoires “Je me souviens bien de M. de Boer, il avait un accent à couper au couteau, et m’a demandé s’il pouvait payer en épices, il voulait dire en espèces, j’avoue que je n’ai pas réussi à me retenir, et que je lui ai un peu rit au visage…..je m’en veux maintenant après ce qui s’est passé” déclare Abdallah Hajjari.
L’itinéraire d’Erick de Boer qui a pu être retracé par les enquêteurs, est plutôt symptomatique d’un fêtard : Arrivé à l’Ibis Samedi à 18h30, M. de Boer passe un peu de temps dans sa chambre avant d’aller se balader dans le quartier de la Gare du Nord, il aurait alors flâné dans les rues du quartier avant de s’arrêter chez Manu & Omar, une échoppe de paninis sise à la rue de l’Aqueduc. Deux paninis aux 3 fromages plus tard, il se dirige à nouveau vers sa chambre d’hôtel où il aurait, au dire des policiers, commencé à se préparer pour sa soirée. Abdallah Hajjari dira ” il était beau comme un camion Iveco, Chemise Blanche à strasses et jean plutôt serré vers le bas, une espèce de fuseau…“
Erick grimpe dans un taxi et se dirige alors vers les bains douches, lieu de la soirée mythique. Muni de son précieux sésame, il aura une pensée pour son ami Fedde Le Grand, au moment où le videur l’accueille et lui ouvre l’accès à la fameuse soirée.

Cathy Guetta rêvait d'organiser une soirée Strasses et Paillettes géante au stade de France. Ce sera désormais difficile pour la reine des nuits parisiennes.
A l’intérieur tous les témoignages sont formels, la soirée est un succès complet, le thème : Strasses, Paillettes, et Cristal, Les Guettas n’ont pas fait les choses à moitié. François Xavier de la Tourmontlerry, personnage haut en couleurs des soirées parisiennes déclarera à Remy Larcel enquêteur en charge de cette affaire : “Cathy était complètement surexcitée, ils avaient investi un argent fou pour cette soirée, ça brillait de partout ! ” En effet les Guetta ont pensé à tout et surtout aux paillettes, un canon à air comprimé, pulvérise l’équivalent de 45 Kg de paillettes tout au long de la soirée, le lieu scintille de mille feux et les clients aussi. Il y’en a partout et ça colle !
Mamadou Diop délégué régional des taxis bleus parisiens affirmera “C’est infernal !! Tous mes collègues qui ont pris des clients à la sortie de cette soirée ont dû passer le lendemain chez Eléphant Bleu, il y a avait des paillettes partout dans nos taxis. J’en appelle à Nicolas Sarkozy pour combattre ce type d’agissements qui remettent en cause la viabilité du métier de taxi dans un contexte rendu difficile par le prix du gasoil, Les mesures Attali, c’est de la rigolade à côte du préjudice subi par mes collègues ce soir là ! “
Erick de Boer était lui loin de ces considérations lorsqu’il quittera les lieux, non sans avoir ingurgité une bonne dizaine de Cosmopolitans, cocktail qu’il affirmera toujours hésiter à demander au bar. Dans un français approximatif il a déclaré à nos collègues de Radio FG ” J’ai découvert le Cosmopolitan en regardant Sex & The City avec Inga mon ex amie, j’adore le goût, mais j’avoue que les barmans me regardent toujours bizarrement, ils pensent que je suis Gay car c’est cocktail de femmes….” Cette affaire a ravivé d’ailleurs de douloureux souvenirs au sein du monde de la nuit : En Avril 2006, des militants d’act up de retour d’une manifestation au Marrais avaient commandé un Cosmopolitan dans un bar à Montmartre, le barman aurait alors chuchoté des propos racistes et homophobes à l’oreille de son collègue. Les militants auraient très mal réagit et l’affaire s’était soldée par le décès accidentel de l’un d’eux dans la bagarre qui s’en était suivie.
Malgré plusieurs tentatives, Erick n’a pas réussi ce soir là à rentrer à l’hôtel en bonne compagnie, le procès verbal de son interrogatoire laisse deviner son amertume à ce sujet ” Je ne sais pas si c’est ma calvitie précoce ou ma manière de danser, mais j’ai toujours beaucoup de mal à rencontrer des filles…“
Arrivé seul en bus à l’Ibis Gare du Nord vers 06h30 du matin, Erick pénètre dans le lobby de l’hôtel et y laissera un souvenir certain de son passage, Igor Palitovic, réceptionniste de nuit de l’hôtel se souvient ” C’était comme à Grozny, quant les russes nous bombardaient, M. de Boer brillait comme une bombe à fragmentation, il avait des paillettes partout sur lui, c’est dangereux en ville, il pourrait illuminer les automobilistes et créer des accidents…“
Après une bonne nuit de sommeil, une douche interminable, Erick ira au Mc Donald de la rue Lafayette, à la sortie de la station de métro Cadet, avant de prendre un taxi pour l’aéroport Charles de Gaulle. C’est à partir de ce moment là que l’affaire prendra une tournure aux conséquences tragiques.
D’après des recoupements, M. de Boer est arrivé à l’entrée 4 du Hall B du Terminal 2 entre 14h30 et 14h37, il s’est alors présenté au comptoir d’embarquement pour s’enregistrer pour le vol en partance pour Amsterdam. Billet en poche M. de Boer de dirige alors vers le contrôle de sécurité. A peine s’approche-t-il des portiques de sécurité que ces derniers se mettent à hurler. Rachid Belladim, agent de sécurité à mi-temps pour la société securi-trans pense alors que c’est un problème technique et invite M. de Boer à changer de portique et à bien vider toutes ses poches. Mais le résultat sera le même. Sirène et gyrophares se déclenchent dès que le néerlandais s’approche des machines. Rachid procède alors à la fouille habituelle sans rien trouver, il retente une deuxième fois en insistant bien cette fois ci mais sans résultat.

Fedde Le Grand, lors d'une conférence de presse a condamné ce qui est arrivé à son ami. Il sortira un remix dédié à l'affaire Erick de Boer : Put your hands up for Erick, I love his mummy !
Didier Prost est chef adjoint de la sécurité à Roissy Charles de Gaulle et connaît plutôt bien son métier. Cet ancien para a beaucoup barroudé avant de rentrer en France : Liban, Kosovo, Cote d’Ivoire et Ouganda, son passé est plutôt banal pour un mercenaire, un peu de prison en Afrique et beaucoup d’argent sur un compte à Chypre. Mais le vice du jeu lui coûtera en deux soirées les économies d’une vie et une rotule.
Didier Prost, commence par une fouille rectale approfondie, que M. de Boer n’apprécie guère selon le PV de la police, n’ayant rien trouvé le chef adjoint de la sécurité appelle le médecin de l’aéroport le docteur Normand, qui a l’habitude de passer les suspects aux Rayons X, pour déceler les sachets de drogue avalés et autres combines. M. de Boer est prié de se déshabiller avant de passer à la Radio. Le résultat est loin des attentes du Dr Normand : les radios sont totalement blanches comme si M de Boer était en acier.
La police de l’air et des frontières met le suspect en Garde à vue, une équipe de la police scientifique est dépêchée sur place pour diligenter une enquête, à nouveau, fouille intégrale, toucher rectal, colonoscopie et scanner….le mystère demeure entier. Le suspect est alors transféré au siège de la police scientifique ou il sera analysé 72 heures durant et ce n’est qu’à l’examen des sels du suspect que le mystère commencera à être élucidé : Les éléments du laboratoire d’analyse organiques et minérales de Sucy en Brie sont positifs : M. de Boer a ingurgité une quantité avoisinant les 900 grammes de paillettes qui se sont retrouvées dans son système digestif. Ces paillettes provenaient apparemment d’un lot défectueux acheté à bas coût par un importateur arménien spécialisé en articles de fête. Ce dernier a refusé de répondre à nos questions.
Une équation improbable expliquerait cette situation regrettable :
- La Forme des Verres de Cosmopolitan étant relativement large, chaque verre ingurgité par Erick de Boer contenait une forte quantité de paillettes.
- Le nombre de verres ingurgités
- L’emplacement du canon à paillettes juste au dessus du Bar et plus particulièrement au dessus de M. de Boer
- La composition des Paillettes

Les relations sont tendues entre les deux groupes parlementaires à Strasbourg suite à l'affaire de Boer
Relâché, Erick de Boer se dirigera aussitôt au consulat néerlandais de Paris, la machine diplomatique s’emballe alors, la reine et le premier ministre demandent des excuses officielles et déposent plainte au nom du citoyen de Boer au tribunal européen. Les députés français sont hués à chacune de leurs interventions par leurs homologues néerlandais au parlement européen. Et Nicolas Sarkozy est caricaturé matraquant à coup de baguette un hollandais dont le seul tort est de tenir une tulipe.
Jean Roch, contacté par notre rédaction déclarait : « Les Guettas sont mes concurrents mais dans cette affaire nous sommes tous ensemble, c’est la réputation de la fête made in France qui est en jeu ! »












